La folle chanson de l’année de l’Art Déco
Le BANAD Festival, c’est l’occasion unique de visiter des lieux, habituellement fermés au public, dont le patrimoine architectural est remarquable. Cette année, pour sa neuvième édition, étalée sur trois week-ends, l’événement célèbre le centenaire de l’Art Déco. Mais pas que… Impossible de détailler ici l’incroyable programme, développé par Explore.Brussels, que je vous invite à découvrir sur le site de la manifestation (www.banad.brussels). Pointons néanmoins que le premier week-end vient de mettre en lumière, entre autres, le superbe Hôtel Riez à Molenbeek conçu par Jean-Baptise Dewin. Signalons que le dernier week-end des 29 et 30 mars, vous pourrez notamment déguster le fameux Résidence Palace de Michel Polak. Mais mon coup de cœur ira à ce deuxième week-end, à venir ces 22 et 23 mars, qui va mettre en évidence Antoine Courtens et son Palais de la Folle Chanson…
Né à Saint-Josse-ten-Noode le 13 mars 1899, Antoine Courtens a fait ses études d’architecture à l’Ecole Saint-Luc de Bruxelles et à l’Institut National Supérieur des Beaux-Arts d’Anvers. A ses débuts, il a travaillé un moment dans l’atelier de Victor Horta sur le projet du Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Parmi ses principales réalisations, citons l’Hôtel Haerens (1928-1932). Cet hôtel particulier, scindé en deux habitations, est situé Avenue Brugmann à Uccle. Un autre immeuble iconique est l’Ancien Siège d’Electrorail (1930-1931). Ce bâtiment de bureaux, destiné à accueillir la nouvelle holding de la famille Empain, se trouve à la Rue de l’Association près de la Colonne du Congrès. On lui doit encore, à Bruxelles, la façade de l’Eglise du Gésu à la Rue Royale et l’Ecole Hôtelière du CERIA à Anderlecht (en collaboration avec la famille Polak). Il est décédé le 21 juin 1969 à Bruxelles.
Le Palais de la Folle Chanson (1928) d’Antoine Courtens figure parmi les meilleurs exemples d’architecture Art Déco de la capitale de l’Europe. Il a été conçu à la demande de Mademoiselle Rossignon. Cet édifice en béton armé se dresse à Ixelles au Rond-Point de l’Etoile, à l’angle du Boulevard Général Jacques et de l’Avenue de la Folle Chanson. Dans ce quartier, proche de l’Avenue Emile Duray, il y a quelques autres immeubles à appartements de luxe dont le Palais de la Cambre de l’architecte Camille Damman (1925-1930), le Palais du Congo de Jean-Florian Collin (1930), la Résidence Ernestine du même Collin et la Résidence de la Cambre édifiée en 1938-1939 par Marcel Peeters, premier building de Belgique.
Si vous avez la bonne idée de vous inscrire à la visite du Palais de la Folle Chanson (classé en 1988), vous découvrirez le vaste hall et sa monumentale cage d’escalier menant aux huit niveaux supérieurs (inscription via https://www.banad.brussels/fr/infos-pratiques/reserver). Au sommet, vous accèderez à la partie supérieure de la rotonde d’angle qui, habituellement, est réservée à l’ensemble des propriétaires en tant que fumoir ou salle de lecture. Vous bénéficierez alors d’une vue imprenable sur le Rond-Point de l’Etoile…
Rappelons enfin que le BANAD Festival propose aussi des expositions, des parcours, des conférences, des marchés. A nouveau, pour plus de renseignements, je suis obligé de vous renvoyer vers le website de l’événement (https://www.banad.brussels/fr). Relevons quand même la conférence du « pape français de l’Art Déco », Emmanuel Bréon. Il s’adressera au public belge ce jeudi 20 mars à 20 heures dans le cadre symbolique de l’Albert Hall à Etterbeek sur le thème Paris 1925, quand l’Art Déco séduit le monde. C’est tellement vrai…
Paul Grosjean
Chroniqueur historique
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